ActuVotre copilote

Les Fintechs secouent le monde de la finance

FINTECH DYNAMISENT INNOVATION PAR L'INTELLIGENCE
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInPin on PinterestEmail this to someone

Advize vous propose de découvrir la tribune de Jonathan Herscovici qui propose un panorama des Fintechs en plein boom.

Tour d’horizon des startups qui réveillent la sphère financière grâce à l’innovation et à l’intelligence des usages.

 

logo

Après une année chargée dans le secteur des Fintechs, retour sur ces startups qui veulent révolutionner la finance.

Un nombre croissant d’acteurs

En 2013, 13 startups fintech ont marqué les esprits parmi lesquelles Learnvest, Betterment ou encore Wealthfront. A l’exception de Covestor, Stocktwits et E-toro, la plupart ont procédé à de nouvelles ouvertures de capital afin d’accélérer leur croissance. Créée en 2009, Simple a, quant à elle, été rachetée en février par la banque espagnole BBVA pour un montant de $117 millions. Certains diront que ce rachat est intervenu un peu tôt risquant de ralentir la capacité d’innovation de l’entreprise.

En parallèle, de nouveaux acteurs ont également apparu à l’image de Robinhood qui propose d’effectuer gratuitement des transactions sur un compte de trading. On pourra également noter l’émergence des crypto currencies grand public suite au buzz mondial du Bitcoin. Le secteur des Fintechs est donc en forte croissance ces dernière années comme le montre l’activité très importante du capital-risque en 2013 avec un total de plus $3 milliards d’investissement.

a6b02387f51f22f7e318d5258f0d9484

La tendance est à l’innovation de rupture de la gestion d’épargne des particuliers

Cette année aura été marquée essentiellement par une très forte croissance du online money/wealth management. Les biens nommés robot-advisors ou services d’investissement automatiques ont notamment pris le devant de la scène.

Marc Andressen (un des plus gros capital risqueur aux Etats-unis) qui disait récemment vouloir investir dans une banque disruptive, déclarait en 2011 “Software is eating the world”. Il semble bien que ce soit au tour de la gestion d’épargne et la gestion de fortune de succomber aux assauts de la technologie. Ses derniers mois, la croissance rapide des encours gérés et le niveau des montants des levés de fonds réalisées par les principaux acteurs ont affolés les compteurs.

Après avoir brillamment finalisé une levée de fonds de $35 millions en avril 2014 avec les investisseurs historiques et des personnalités de la sillicon valley comme Marissa Mayer (Yahoo) ou Kevin Rose (Google venture), Wealthfront a annoncé $1 milliard sous gestion début juin. L’équipe annonce sur son blog une croissance exponentielle de +800% des encours sur la dernière année glissante.

Ses concurrents ne sont pas en reste. Betterment, Learnvest ou encore Futureadvisor ont respectivement ouvert leur capital à hauteur $32 millions, $28 millions et $15,5 millions.

Il est à noter également l’importante levée de fonds de mai 2014 réalisée par l’équipe de Motif Investing pour un montant de $35 millions sur son modèle très innovant de fonds thématiques. Peu de chiffres officiels concernant son développement, mais la startup, au slogan magique “Invest in your idea”, continue de séduire les investisseurs. On note l’entrée au capital de JP Morgan après celle de Goldman Sachs.

La startup Personal Capital n’a quant elle plus besoin de capitaux pour se développer. Cette société fondée en 2009 par Bill Harris, l’ancien CEO de PayPal et d’Intuit, est déjà rentable grâce un service plus complet que ses concurrents. Elle intègre des outils de gestion de finance personnelle et de gestion immobilière avec un accompagnement personnalisé d’un conseiller financier via vidéo conférence. Cette stratégie permet à Personal Capital de cibler des clients plus fortunés et donc plus rémunérateur.

L’acquisition client, l’enjeu d’une concurrence exacerbée

Résultat de cet engouement, la guerre marketing de l’acquisition clients est officiellement déclarée. A grand renfort de blog post et de community management éclairé, une bataille sans merci se profile. A ce petit jeu, les 3 leaders du marché sont une nouvelle fois en tête. Learnvest trône avec plus de 70 000 fans facebook. Dans un univers où la théorie “Winner takes all” règne en maître, il est évident qu’il s’agit là de la clé de succès de ces prochains mois.

Toujours plus d’innovation

Quelques initiatives intéressantes sont apparues également cette année.

Wealthfront a mis en place une plateforme dédiée aux salariés de Twitter lors de l’IPO en novembre dernier. Cet espace appelé “Single Stock Diversification Service” permet aux actionnaires de se délester progressivement de leurs titres tout en structurant une épargne diversifiée. La startup se démarque une nouvelle fois avec sa stratégie de ciblage des épargnants de la génération Y issus des entreprises technologiques de la Silicon Valley.

On remarquera également l’officialisation d’un partenariat fort entre Sigfig et CNN Money. Grâce à cette opération, le site média offre à ses lecteurs un accès complet aux services proposés par Sigfig en marque grise (la marque n’apparaît pas de façon évidente).

Ça bouge aussi en Europe

Ces derniers mois ont donc confirmé la tendance de ces startups souhaitant innover dans le monde de la finance. Les fintechs sont en effervescence aux 4 coins du monde.
Londres, la première place financière au monde l’a bien compris et ne souhaite pas rester en dehors de la course. La ville a lancé courant 2013, Level39, un incubateur dédié fintech, situé au cœur de la City. A grands renforts de communication et de fonds, celui-ci tente d’attirer les startups européennes.

Parmi les principales startups positionnées sur le secteur de la gestion d’épargne sur Internet en Europe, Nutmeg ou encore MoneyFarm bousculent respectivement le marché britannique et Italien.

Des acteurs français cherchent également à faire bouger les lignes. Au mois de mars le projet BankCare a remporté le Concours Mondial de l’Innovation 2030 : un service d’épargne automatisée et ultra-personnalisé grâce au big data qui sera disponible courant 2015.

Ceci en toute indépendance par rapport aux gérants puisque le modèle d’affaires n’implique aucune commission sur les placements préconisés mais uniquement sur la performance générée. Le service intégrera également des outils de gestion de finance personnelle permettant de récupérer et d’agréger des comptes d’épargne de différentes banques.

L’engouement pour les fintechs : une bulle financière ?

Ces dernières semaines, de nombreux experts commencent à évoquer un phénomène de bulle sur le secteur des fintechs. L’afflût de capitaux sur ces startups naissantes au chiffre d’affaire et au nombre d’utilisateurs encore faibles, engendre classiquement ce genre de critiques et de suspicions.

Si les valorisations de certaines entreprises peuvent aujourd’hui sembler excessives, le marché sous-jacent est lui bien réel. Aux Etats-unis, le marché potentiel pour la gestion d’épargne digitalisées est estimé à 1 trillion de dollars. Ainsi, Jon Stein, CEO de Betterment a annoncé en avril avoir pour objectif de gérer $100 milliards sur sa plateforme à horizon 2020, ce qui représenterait un revenu pour la société de $350 millions annuel.

Les digital natives, de futurs épargnants à conquérir ?

Au-delà des chiffres, le réel potentiel de ce secteur tient en la création de communautés d’utilisateurs. Cette communauté est plutôt jeune, on la qualifie souvent de “digital natives”. Le numérique, notamment dans sa déclinaison mobile, est sans aucun doute rentré dans les moeurs depuis quelques années. Celui-ci deviendra incontournable dans les années à venir et dominera le secteur de la gestion d’épargne dans la prochaine décennie. C’est une évidence.

f8e998703eb32267710e56933b476567

Néanmoins, la construction d’un acteur de confiance sur un secteur sensible comme celui de la finance prend du temps et nécessite de la patience. La complexité de son implantation est forte tant au niveau de la clientèle à convaincre qu’au niveau des institutions privées et publiques.

A contre-courant des entités historiques du secteur, ces startups partant de 0 cherchent à gagner la confiance de leur utilisateurs par la qualité d’un produit, d’une relation client, d’un design, d’une expérience utilisateur… le défi est gigantesque.

Source : Jonathan Herscovici, fondateur et Président d’Anatec pour L’Agefi

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 4.0/5 (2 votes cast)
Les Fintechs secouent le monde de la finance, 4.0 out of 5 based on 2 ratings

Laisser un commentaire