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Marchés faciles ou pas ?

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Revue des marchés
Bienvenue en 2018, une nouvelle année qui s’annonce riche en évènements. L’année 2018 marque le 200eme anniversaire du tapis roulant, qui a l’origine a été conçu pour servir d’instrument de torture dans les prisons (et est sans doute encore utilisé comme tel dans les salles de gym), mais il constitue aussi une image intéressante pour réfléchir aux cycles de marchés.

Comme l’a très bien illustré l’année 2017, les marchés évoluent en cycles, à des vitesses, inclinaisons et durations différentes. Pour nous la performance de actifs risqués sur cette période s’apparente davantage à un sprint de dernière ligne droite qu’à un marathon.

Les actions internationales ont réalisé une hausse impressionnante de 19% en devise locale en 2017. Les actions chinoises ont progressé de 45% en devise locale, indiennes de 41%, américaines de 22% et européennes de 13%. Ces performances ne sont sans doute pas dans la même stratosphère que le Bitcoin (qui a généré en dollar américain plus de 1000% en 2017), mais cette performance est en dehors de toute normalité.

Ces performances sont généralement perçues comme une très bonne chose pour la plupart des investisseurs. Elles font toutefois sourciller les investisseurs contrariants dans la mesure où elles ne s’accompagnent pas d’une amélioration suffisante des fondamentaux. En d’autres termes, les marchés n’ont fait « qu’emprunter» les rendements futurs.

Faits marquants du mois de décembre
Trois principaux événements ont impacté les marchés en décembre : les avancements du Brexit, la réforme fiscale de Donald Trump et la normalisation des taux d’intérêt.

Les négociations sur le Brexit ont été jugées constructives et positives, l’Union européenne déclarant que des « progrès suffisants » avaient été réalisés (accords sur la facture du divorce, la frontière irlandaise et le statut des Européens vivant au Royaume-Uni). Donald Trump a également confirmé que son projet de loi sur la réforme fiscale très attendu avait été validé par le Congrès. Ce projet constitue probablement le plus grand bouleversement du système fiscal américain depuis les années 1970 ainsi qu’une forme de relance budgétaire qui va, selon les experts, propulser encore davantage l’économie américaine. Enfin, l’événement le plus attendu du mois a peut-être été la hausse des taux d’intérêt de 1,25% à 1,5% décidée par la Fed celle faisant état d’un marché du travail solide et d’une perspective d’inflation de 2% à moyen terme.

Comme ce fut le cas pour la majeure partie de 2017, la croissance économique mondiale reste relativement homogène et bien orientée, il est d’ailleurs à noter que la croissance économique européenne surpasse désormais celle des Etats-Unis. Les récentes enquêtes de confiance des entreprises et des consommateurs renforcent un optimisme déjà élevé pour 2018. Un tel sentiment impacte clairement les valorisations boursières, la demande pour les actifs risqués continuant à soutenir les prix dans de nombreuses régions, étendant simultanément les valorisations au-delà du raisonnable. Signe supplémentaire de l’euphorie ambiante, les rendements des obligations grecques sont désormais à leur plus bas niveau depuis novembre 2006, ce qui laisse entendre que les investisseurs demandent désormais une bien maigre compensation en termes de prime de risque.

Quels impacts ces évènements ont-ils eu ?
En décembre, les actions émergentes ont surperformé les actions développées pour la dixième fois en 2017, rapportant respectivement 3% et 1% en devise locale. Cela cache néanmoins un degré de dispersion importante, les marchés exposés aux ressources de base (Europe émergente et Amérique Latine) ayant connu une bien meilleure performance. Les secteurs des matériaux de base et de l’énergie ont enregistré progression notable, augmentant de plus de 4% en monnaie locale et devançant largement l’ensemble du marché. Ceci a également constitué un coup de pouce pour les actions britanniques très exposées à ces segments.
La performance des marchés obligataires est restée modérée, la dette plus risquée ayant toutefois surperformé les instruments considérés comme plus sûrs. Le marché de la dette émergente a encore une fois connu un mois exceptionnel se soldant par une performance des émissions en devise locale et en dollars à respectivement 9% et 15% sur l’ensemble de l’année.

Anticipations
D’un point de vue plus général, force est de constater qu’il faut une sacrément bonne mémoire pour se souvenir d’une période où le degré d’optimisme était aussi élevé.
Selon nous trois clés d’analyse devraient aider les investisseurs :

  • Valeur. L’économie n’est pas le marché. Ce qui compte vraiment pour nous, c’est de ne pas surpayer un flux de cash-flow futurs. La valorisation de la plupart des marchés est désormais supérieure à ce que nous considérons comme juste sur un horizon de long terme.
  • Risque. Le risque est la probabilité de ne pas atteindre ses objectifs. Cela signifie souvent le risque d’une perte définitive en capital, et dans des conditions de marché favorables, nous ne devons pas être distraits ou influencés par un sentiment d’euphorie général ou même une certaine impression de calme. Notre processus est conçu pour nous apporter la plus grande discipline à cet égard, nos portefeuilles étant toujours construits avec un oeil contrariant et dans une perspective de long terme de façon à créer de la valeur en investissant sur des classes d’actifs mal appréciées par nos pairs tout en maitrisant le risque.
  • Durabilité. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, cela s’applique aussi bien aux forêts qu’aux performances des marchés financiers. Bien qu’il soit extrêmement difficile de savoir quand les marchés retrouveront la raison, cela se produit souvent très rapidement et sans avertissement. Il suffit donc de rester calme et patient.

 

Commentaire de marchés – Année 2017

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